26/09/2005

Ce papier qui la reconnaîtra

Une plume que le  vent vient déposer sur le pas de ma porte

Un encrier et une page de papier d’antan

Je la laisse la caresser, lui faire la cour en quelque sorte

S’abandonner dans ses bras qu’elle seule réconforte

 

Elle pourrait laisser couler son encre comme coulent les larmes sur les joues

Mais elle ne fera que  souffler des mots doux, oubliant le sel qui trop souvent s’échoue

Elle noircit la page encore vierge, parcourt les courbes de son corps

Mais déjà je la vois qui s’arrête, jetant son ancre par-dessus bord

 

Elle aimerait marcher, courir, envahir tout l’espace

Mais elle semble fébrile, inerte, inefficace

Son seul carburant était les plaies du passé

Et voilà qu’on est venu raccommoder son cœur tout effiloché

 

On la demande, on la réclame, on voudrait juste l’apercevoir

Mais elle semble en panne de peines et d’écume venant jadis échoir

Elle s’inquiète, s’interroge, se demande au fond ce qu’elle vaut

Si elle ne sait exister que pour raconter ses maux

 

Elle a pourtant  bien tenté de revenir quelques fois,

Cherchant à se remémorer les ronces qui jonchaient ses veines autrefois

Mais rien ne vint, rien du moins qu’elle ait envie de partager

Seules des mots d’amour venaient mourir sur le papier

 

Voilà qu’elle doit apprendre à parler du bonheur

A trouver des mots qui ne seraient que douceur

Voilà que l’amour a su bouleverser ses élans

La détourner de sa route et  freiner ses mouvements

 

Et je la laisse se faire bercer par cette vie nouvelle

Moi qui ai tant rêver de cette plume ‘rebelle’

Le temps saura l’apprivoiser et lentement elle reviendra

Poser ses mains sur ce papier qui la reconnaîtra

 

Elle vous dira combien elle est heureuse depuis quelques mois

Vous parlera peut être de celle qui l’a fait chavirer comme ça

Elle saura sans doute trouver les mots tendres

Pareils à ceux qu’elle lui dit le matin juste avant de descendre

 

Elle essaiera sans doute de vous faire comprendre

A quel point elle avait de l’amour à donner, à revendre

Et qu’il fallait seulement croiser un regard

Pour donner un sens à cette vie blafarde

 






11:29 Écrit par Katy | Lien permanent | Commentaires (23) |  Facebook |